L’OBSERVATOIRE NATIONAL DES DROITS HUMANS AU 3ÈME DIALOGUE ENTRE L’ONU ET LES ORGANISATIONS DE LA SOCIÉTÉ CIVILE – GENÈVE

Genève – Les 10 et 11 décembre 2025 resteront gravés comme un moment historique où le Palais
des Nations a cessé d’être un simple sanctuaire diplomatique pour devenir un laboratoire
d’innovation.Lors du 3ème Dialogue entre la société civile et l’ONU, l’ordre établi a été bousculé : il ne s’agit plus de dicter la paix depuis New York ou Genève, mais de la construire avec ceux qui la vivent au quotidien. Loin des discours purement protocolaires, cet événement a jeté les bases
d’une transformation systémique dans la gestion des conflits mondiaux.
Un souffle nouveau dans les couloirs de l’ONU
Le décorum habituel du Palais des Nations a laissé place à une urgence palpable. Sous l’égide du
Bureau d’appui à la consolidation de la paix (PBSO) et du DPPA, plus de 180 participants venus du
monde entier ont confronté leurs réalités aux structures onusiennes. Parmi les participants,
Madagascar était représentée par trois jeunes, dont Lalaina Chantal Rakotonirina, responsable
communication à l’Observatoire National des Droits Humains (ONDH). Leur présence symbolise la
montée en puissance de l’expertise du Sud dans les instances décisionnelles mondiales.
La fin du « Top-Down » : priorité au terrain
Le diagnostic posé durant ces deux jours est sans appel : l’approche descendante (top-down), où
les projets sont conçus dans des bureaux climatisés loin des zones de conflit, a atteint ses limites.
Le sommet a appelé à une approche systémique, intégrant la société civile dès l’élaboration de
chaque projet de consolidation de la paix. L’idée-force ? Passer d’une simple consultation à une
véritable co-création.
Jeunesse et femmes : les nouveaux piliers de la stabilitéInspiration océanique
Au cœur des débats, les agendas Femmes, Paix et Sécurité (FPS) et Jeunesse, Paix et Sécurité (YPS)
ne sont plus considérés comme des thématiques secondaires, mais comme des moteurs essentiels
de résilience. Ces initiatives visent à lutter contre la discrimination systémique touchant les jeunes
et les femmes et à renforcer leur rôle dans la consolidation de la paix.
« Priorité aux communautés » : vers une finance de la confiance
L’une des annonces les plus innovantes concerne le financement. Le sommet a plaidé pour la
création de la fenêtre « Priorité aux communautés ». Fini la bureaucratie paralysante : ce
mécanisme propose des financements flexibles, pluriannuels, et un reporting basé sur la confiance.
L’objectif ? Permettre aux petites structures locales d’accéder aux ressources mondiales sans être
étouffées par les exigences administratives internationales.
Le modèle malgache en exemple
Fierté nationale pour Madagascar : le modèle des comités de paix de la Grande Île a été cité
comme référence mondiale. Cette expertise pourrait servir de plan d’action pour la création de comités nationaux de médiation dans d’autres pays en crise.
Pour l’ONDH, le défi de 2026 est désormais clair : transformer ces victoires diplomatiques en réalités concrètes. « Il faut vulgariser ces acquis et renforcer le monitoring des droists humains, même dans les zones les plus enclavées », souligne l’organisation dans son plan d’action.
Un cap pour 2026
Genève 2025 n’était pas une simple conférence de plus. C’était un ultimatum constructif lancé aux
institutions internationales : si l’ONU veut rester pertinente dans la gestion des conflits modernes,
elle doit désormais composer avec une société civile qui ne demande plus la permission pour agir,
mais des moyens pour transformer le monde.
Lalaina.R


